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Didier Sauvaire, président de l’UFFL : « La lutte en Afrique a un avenir et de fortes potentialités »

En mission au Bénin il y a peu, le président de l’Union des Fédérations Francophones de Lutte (UFFL), Didier Sauvaire nous a accordé une interview. Sans langue de bois, l’ancien président de la Fédération Française de Lutte a abordé l’actualité de la discipline, les difficultés et les perspectives. Suivons plutôt.

Voulez-vous présenter à nos lecteurs ?

Didier Sauvaire, de formation pharmacien Ph. D en biologie, j’ai enseigné à la faculté de pharmacie de Montpellier comme professeur associé. Mon parcours professionnel m’a conduit à travailler en recherche développement de médicaments dans l’industrie pharmaceutique, de 1981 à 1994, puis à l’agence française du médicament comme Directeur de laboratoire en charge du contrôle des produits de santé.

Comme autres charges, j’ai eu aussi la chance de diriger une ville comme Maire de Balaruc les Bains, de 2002 à 2008, j’ai aussi été le 1er vice-président d’une communauté d’agglomération.

Ma passion a été aussi la Lutte où j’ai exercé toutes les étapes : athlète, entraîneur, arbitre mais aussi dirigeant d’association multisport comme la Salle Vincent Ferrari Sète en passant de président de comité régional à président de la fédération française ; avec l’immense honneur et joie que notre sélection olympique de 7 lutteurs et lutteuses a ramené 3 médailles dont un titre olympique des Jeux de Pékin, en 2008.

Peut-on connaître davantage l’organisation que vous dirigez ?

Actuellement, je dirige deux associations que nous avons créées en 2008 (le Comité méditerranéen des luttes associées) et en 2013 (l’Union des fédérations francophones de lutte).

Cette dernière,  l’UFFL dont j’assure la présidence depuis 2013, renouvelée en 2017 à Abidjan pendant les Jeux de la francophonie, a pour but de :

– favoriser la rencontre et le dialogue entre les fédérations francophones de Lutte,

– faire vivre la francophonie par le biais de l’association,

– tisser des liens d’amitié, de solidarité et de coopération entre les fédérations francophones,

– mettre en place des projets de mutualisation et d’échanges communs,

– se rencontrer régulièrement à l’occasion de compétitions internationales,

– développer la pratique de la lutte sous toutes ses formes dans les pays et régions francophones,

– organiser des manifestations regroupant les pays francophones.

Voulez-vous expliciter  ces missions ?

Les missions qu’assure l’UFFL sont essentiellement des actions de formations, d’animations et de conduites de stages, d’encadrement d’équipes, de soutien dans l’organisation d’évènements sportifs comme le tournoi de la francophonie mais aussi institutionnel. Les missions sont assurées avec le soutien de cadres techniques spécialisés. Dans les dernières grandes actions, on pourra noter la mise en place d’un camp de la francophonie en Côte d’Ivoire en  2020, avec le soutien de la fédération ivoirienne de lutte qui a réuni des athlètes de plusieurs pays africains.

L’UFFL a en projet pour 2022-2023, la mise place d’une académie francophone et du programme femme sport santé (la Lutte comme vecteur d’éducation à la santé, au bien-être, à la prise de responsabilité et à l’intégration) et des coopérations plus ponctuelles (formation, encadrement de stages …).

Que retenir de votre séjour au Bénin il y a quelques semaines ?

Un séjour au Bénin très riche en promesses, qui nous a permis, à moi et à Christian Danga, de confirmer que le territoire et la fédération de lutte béninoise avait toutes les capacités pour un développement de la lutte olympique.

Notre accueil a été très chaleureux et les instances institutionnelles que nous avons rencontrées comme le CNOS-Ben, le Ministère des Sports, son Directeur de cabinet, les Conseillers pédagogiques en milieu scolaire, l’Institut national de la jeunesse de l’éducation physique et du sport (INJEPS), mais aussi l’Ambassade de France nous donnent beaucoup d’espoir sur la conduite du développement de la lutte et de la pratique de la langue française.

Je retiendrai deux grandes orientations, deux projets : la pratique de la lutte par les femmes comme vecteur de santé et de bien-être, la lutte comme vecteur d’éducation à la santé, au bien-être, à la prise de responsabilité et à l’intégration ; et surtout la démarche initiée par la fédération béninoise qui m’a beaucoup enthousiasmé, la pratique de la lutte en milieu scolaire et comme vecteur de développement de la pratique du français.

Une première grande action a été conduite dans une école de Cotonou, un tournoi de lutte associant une épreuve de dictée. Cela a été pour moi un moment émouvant et fabuleux de mesurer l’ardeur, l’enthousiasme et la joie de voir ces jeunes apprenants s’intéresser à la lutte.

La lutte en Afrique a-t-elle de l’avenir ?

Oui la lutte en Afrique a un avenir et de fortes potentialités. Elle a besoin de ressources et de soutien des institutions pour se structurer. Ainsi, la graine de ces futurs athlètes femmes et hommes représentera l’Afrique dans les championnats continentaux demain pour les Jeux de la jeunesse, les Championnats mondiaux, les qualifications aux Jeux avec comme aboutissement des places et des médailles aux JO. C’est réalisable.

A noter que cela fait la 4ème action que l’UFFL conduit au Bénin ; ce qui confirme au travers de notre investissement, le formidable potentiel dont dispose la Fédération Béninoise de lutte.

Ces potentialités existent aussi dans d’autre pays d’Afrique francophone. Et je pense notamment qu’il est important de permettre à ces lutteurs africains de s’investir plus dans la lutte olympique et dans la lutte de plage, très proche de la lutte traditionnelle africaine et qui, sous peu, sera une épreuve présente aux JO.

Quel sera votre appel aux mécènes et autres sponsors ?

Toutes ces actions conduites, plus de 20 missions depuis notre dernière assemblée générale élective d’Abidjan, en 2017, nécessitent des ressources humaines mais aussi financières.

Le soutien des institutions françaises comme le CNOSF et le Ministère des Sports français, la FFLDA que je remercie, est insuffisant.

Nous avons besoin du soutien de partenaires, de mécènes et autres sponsors pour nous aider dans le fonctionnement et le portage de ces missions de solidarité, de coopération avec ces fédérations francophones.

La lutte est un fabuleux vecteur économique et de pratique de la langue que nous partageons.

Elle est forte de valeurs de l’olympisme, de traditions par ses multiples pratiques de lutte traditionnelle, elle est universelle, toujours pratiquée depuis des temps immémoriaux mais toujours moderne et capable d’enrichir par sa pratique de nouveaux sports. Formidable outil d’éducation physique et de bien-être, elle est un vecteur d’éducation, de découverte de soi et d’intégration.

Actuellement, il y a un seul partenaire, Modugame (fabricant français de tapis et équipements sportifs).

C’est insuffisant. Nous avons besoin d’autres mécènes pour assurer l’investissement, le fonctionnement pour la conduite des missions d’un budget de 100.000 € par an. Pour cela, nous faisons appel aux dons, aux groupements d’entreprises, à des mécènes et sponsors même porteurs de petites enveloppes. On peut imaginer le concours d’une vingtaine d’entreprises apportant chacune 50 à 10.000 €.

L’UFFL s’engage à informer régulièrement ces donateurs des missions, à leur donner un compte-rendu des résultats et à leur donner toute la visibilité nécessaire dans les missions et outils de communications. Ils seront associés comme membres donateurs à nos assemblées et pourront suivre les bons choix et l’utilisation des fonds.

L’UFFL porte un projet humain, solidaire, favorisant les rencontres, l’amitié, la fraternité, la coopération. Elle a besoin de soutiens pour poursuivre ces actions.

Merci et que vive la Lutte !

Entretien réalisé par Gilles BIGUEZOTON (Bénin)

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